Chanteur-compositeur, Nader Rahy est un amoureux de la nature et du voyage. Crédit : Tom Rosenberg

Daytrippers : Berlin

Sortez en dehors des sentiers battus de Berlin et Brandebourg avec le musicien et globetrotteur Nader Rahy

Published 12/01/2020 by Lisa Hübener

Berlin offre des possibilités infinies pour partir à l’aventure. De ses quartiers multiculturels à ses fameux clubs de musique techno, sans oublier son esprit individualiste, la capitale allemande ne cesse de surprendre. Les régions autour de Berlin, particulièrement Brandebourg, renferment de nombreux trésors cachés, attendant d’être explorés.

Nader Rahy, un natif de Berlin, est un aventurier par nature. Musicien de profession, il joue de la guitare pour Nena, une chanteuse connue pour sa chanson « 99 Luftballons ». Nader est également un amoureux des sports extrêmes, de la nature et du voyage. Vous le verrez faire du saut en parachute, puis l’instant d’après, il sera en train de jouer de la musique face à une grande foule de spectateurs lors de tournées à travers le monde. Mais même avec un tel rythme, Nader trouve le temps de se détendre lors d’une séance de yoga en pleine nature.

Suivez-le lors de son échappée au départ de Berlin pour découvrir Brandebourg, surfer à Wellenwerk, se promener sur le sentier à la cime des arbres à Beelitz et visiter une distillerie de gin à Werder.

Lisa Hübener : Tu es né et a grandi à Berlin. Qu’est-ce qui rend cette ville si spéciale ?

Nader Rahy : Berlin est une ville très ouverte d’esprit et très progressive. À Berlin, je peux marcher tranquillement avec mes tatouages et je suis célébré pour ça. Vous pouvez y faire la fête comme nulle part ailleurs. Particulièrement en été, le paysage urbain est tout simplement magnifique : de la musique de rue en abondance, de l’art à chaque coin de rue, des cafés bondés. 

Je suis végan depuis un an et demi et ce n’est pas du tout un problème à Berlin. Ici, la scène gastronomique végane est très créative, c’est super !

Berlin
Daytrippers : Berlin
Berlin a tellement à offrir ! Même après plusieurs visites, il y a toujours quelque chose de nouveau à découvrir. Crédit : Shutterstock

L.H. : Quels sont les endroits à ne pas manquer à Berlin ?

N.R. : Le Musée Ramones me rappelle les anciens bars de l’époque. Je n’ai pas de connexion particulière avec la bande, mais je pense que leur musique fait partie d’une certaine révolution. Dans les années 80, il était impératif d’avoir des connaissances techniques, mais les bandes comme les Ramones ont montré aux gens qu’il était possible de réussir même sans être des musiciens extrêmement doués dans la technique. Le musée a une ambiance chaleureuse avec beaucoup de détails, d’instruments, des articles de journaux et des anciens blousons en cuir. Il y a aussi un espace avec une petite scène où vous pouvez jouer de la musique et rencontrer des artistes. 

J’ai commencé à surfer il y a huit ans. J’adore ça et je voyage régulièrement vers les Îles Canaries ou en Indonésie, au sud de la France ou en Espagne. Et maintenant, il y a Wellenwerk à Berlin, où vous pouvez surfer sur des vagues artificielles. Je ne l’ai pas fait souvent mais c’est super amusant !

L.H. : Où préfères-tu aller pour t’éloigner de l’agitation de la ville et te détendre ? 

N.R. : J’adore m’aventurer dans la nature et faire de la randonnée en Suisse saxonne par exemple ; c’est un territoire incroyable. Vous aurez du mal à croire que c’est en Allemagne.

L.H. : Des recommandations de spots naturels proches de Berlin ?

N.R. : En plein milieu de la forêt [à Beelitz en Brandebourg], il y a un sentier sur des pilotis, sur lequel vous pouvez traverser la forêt à la cime des arbres. Cet endroit est entouré par l’ancien sanatorium de Beelitz, construit en 1902. Les patients atteints de tuberculose y étaient soignés jusqu’en 1994. Le bâtiment paraît délabré et vous pourriez penser que c’est à cause de la guerre, mais apparemment, il a été endommagé par des personnes qui y sont entrés par effraction en cassant les fenêtres après sa fermeture.

L.H. : En parlant de Brandebourg, pourquoi les voyageurs ne devraient pas manquer une visite de la distillerie Glina à Werder ? 

N.R. : C’était ma première dégustation de gin et de whisky, et je dois avouer qu’après avoir parlé avec [Nicole, une employée], j’étais totalement convaincu. Une entreprise très idéaliste, un goût magnifique et la couleur [du Magic Blue Gin] qui passe d’un bleu à un violet après être mixé à de l’eau tonique.

Ce qui m’a le plus impressionné, c’est la confiance que ces personnes ont en leur produit. Je leur ai demandé où ils voyaient leur propre gin et whisky dans le secteur [des spiritueux] à l’échelle mondiale, et ils m’ont répondu que leurs produits seraient en tête de liste. Je pense que c’est ce type d’attitude dont vous avez besoin lorsque vous créez un produit. Et c’était vraiment délicieux !

L.H. : Comment la musique est-elle entrée dans ta vie et comment l’intègres-tu dans tes voyages ?

N.R.: La musique est entrée très tôt dans ma vie, j’avais 12 ans, et c’est une des choses qui m’ont façonnées. Pour moi, la musique est toujours une forme de retraite et une sorte de maison. Pratiquer la musique comme hobby me permet de nourrir ma passion. 

Je compose souvent de la musique lorsque je voyage, puis j’achète ou loue une guitare que je revends ou retourne à la fin. Je n’ai jamais planifié des concerts, mais je me retrouve toujours à en donner. 

J’ai joué dans certaines des îles les plus reculées du monde, [comme] les Îles Mentawai près de Sumatra. Là-bas, vous vous réveillez à 6h du matin et les gens commencent [déjà] à chanter parce qu’ils n’ont pas de radio, de télévision ou d’autres appareils électroniques. Ils continuent [à chanter] même dans la soirée !

L.H. : Quel a été ton concert le plus extraordinaire ?

N.R. : J’ai joué nu avec une bande nommé Henk Vink à Eimer, [un club à Berlin] qui n’existe plus. Nous étions un quatuor : guitare, basse, tambour, et moi qui chantais. Pour les trois premiers morceaux, nous voulions garder nos serviettes. Mais quand je me suis retourné, j’ai vu que le guitariste était déjà nu dès la première chanson. En conséquence, l’énergie était intense, la musique aussi, et pour être honnête, nous n’avons prêté attention à rien d’autre mais à la musique.

L.H. : Noël approche à grands pas. Qu’as-tu prévu pour les fêtes ? 

N.R. : Et bien, je ne suis pas fan du temps froid, c’est pourquoi j’échappe toujours à cette période pour aller surfer quelque part dans le sud ou les Îles Canaries. Culturellement parlant, Noël n’est pas vraiment mon truc, mon père est d’une culture différente. Mais il y a quelques années, j’étais allé au marché de Noël de Grunewald à Berlin, qui était féerique.

L.H. : Y’a-t-il des endroits en Europe qui t’attirent plus que d’autres ?

N.R. : Je suis toujours avide de nouvelles découvertes, mais il y a des destinations où je me rends toujours, comme les Îles Canaries. Lanzarote est mon île favorite, et particulièrement sa partie nord-ouest avec d’incroyables vagues pour surfer.

En été, j’adore voyager vers le sud de la France ou vers le nord de l’Espagne, comme à Mundaka, Zarautz ou Biarritz. J’aime aussi Fribourg, qui se trouve au sud-ouest de l’Allemagne, parce que le soleil y brille beaucoup. Vous pouvez y pratiquer plusieurs sports d’extérieur, comme le saut en parachute, le wakesurfing et le canöe.

Berlin

L.H. : Que ramènes-tu des pays que tu visites ?

N.R. : J’emmène un sentiment de tous les pays que je visite. Bien sûr, il y a aussi les souvenirs des endroits et des moments spéciaux, mais ce lien direct avec une certaine façon de vivre ne peut être appris en lisant un livre ou en regardant un film ou la télévision.

Vous voulez voyager avec Nader ? Découvrez ses vlogs ici.